dimanche 16 décembre 2012

Dave Luxe & A.F.A.C - Bama 2 Brussels

Si vous suivez ce blog régulièrement, vous savez deja que je suis complétement partial en ce qui concerne le homie Dave Luxe. Le prodo belge, qui nous avait laché quelques petites ogives en collaboration avec G Mane, et balance actuellement des mixtapes au petits oignons regroupant tout ce qui déchire actuellement en son sudistes hors trap (les compilations Drive Slow Homie) de façon très régulière, prend du poid et ça me fait beaucoup, beaucoup plaisir. D'une part parcequ'il est belge et qu'il s'impose dans cette scène outre atlantique, d'autre part parceque je ne resiste tout simplement pas à ses productions classiques, efficaces et léchées.

La scène Country Rap n'a plus l'importance qu'elle pouvait avoir quand il s'agissait tout simplement du seul rap sudiste existant, mais elle est extremement vivace et l'investissement sans faille du comparse Dave Luxe pousse encore un peu plus les choses dans le bon sens, alors forcément je me suis rué sur son nouvel EP avec A.F.A.C, que personnellement je ne connaissais pas (je vous dit qu'il fait découvrir des trucs !). Si vous aviez écouté les petits projets avec G Mane, vous savez de quoi le bonhomme est capable, mais là on a clairement passé un cap !
Ca défonce juste beaucoup trop, y'a pas d'autres mots, je vais même pas me fatiguer à vous détailler le truc, il faut que vous téléchargiez ce machin, l'écoutiez, le réécoutiez, et le faites écouter à vos amis. A mon avis, Dave Luxe est aujourd'hui capable de produire des tueries aussi bien qu'un Burn One, c'est dire. Reste à voir si cela va se savoir, mais vu l'accueil que lui réserve la scène, et ses fréquentes collaborations, je suis pret à parier que les choses ne s'arreteront pas en si bon chemin !

Allez go go go --> Télécharge vite et conduis lentement !

mercredi 14 novembre 2012

Yasound !

Juste un petit billet pour annoncer que je me suis inscrit sur le site Yasound qui permet de créer une parfaite petite webradio en deux temps trois mouvements... Donc voici la mienne :

https://yasound.com/radio/53d61f215b204546a298aad152bc9594/

Vous pourrez y retrouver à terme l'intégrale du rap que je peux écouter, et donc bien évidemment tous les projets dont je parle ici. La playlist est deja asez fournie, ya de la trap avec Gucci, Juicy J, du Armstrong, du rap spé comme j'aime genre Danny Brown, des oldschools du style Tupac ou AMG, les albums du moment tels que le Kendrick Lamar, du new yorkais (Lloyd Banks, French Montana, le Fizzology de Termanology et Lil Fame de M.O.P...) du west coast, des country rap tunes... bref y'en a pour tous les gouts faites vous plaisir !

A terme l'ambition est d'en faire la playlist rap la plus fournie et du meilleur gout possible, sans limitations de genre, un truc inégalé !

Enjoy !

lundi 15 octobre 2012

A l'écoute : 100s - Ice Cold Perm (Chopped & Screwed)

 L'excellent "Ice Cold Perm" du jeune rappeur californien 100s a bénéficié ces derniers temps d'un gros buzz et d'un très honorable succès critique... si vous en vouliez encore, un certain Y.Beez en propose une version "Chopped & Screwed", c'est à dire savament ralentie et travaillée à la manière du grand DJ Screw. La raison initiale de la popularité d'un tel traitement ? Apprécier la musique encore plus intensément sous l'effet d'une grosse défonce aux plantes ou au sirop pour la toux. A cerveau ralenti, musique ralentie !
Un aperçu ci dessous, et l'écoute intégrale >>ici<<

mardi 9 octobre 2012

A l'écoute : Selection style "combinaisons mortelles"

Généralement, quand on parle de rap, les meilleurs featurings sont ceux associants des artistes proches à la complémentarité maintes fois éprouvée, qui, gravitant dans les mêmes cercles finissent toujours par défoncer la prod comme chacun s'y attendait. Parfois pourtant, s'associent des artistes que rien ne prédestinait, ou si peu, à combiner leurs forces et qui pourtant nous livrent à deux des morceaux incroyables sur lesquels opère une alchimie surprenante. Ce genre de collaborations plus ou moins innatendues font particulièrement mon bonheur et c'est pourquoi j'ai décidé de vous livrer quelques uns de ceux qui m'ont le plus marqué ces derniers temps. Rien de bien surprenant ni de très nouveau, mais c'est certifié 100% morceaux qui défoncent.

Tout d'abord, bon, Gucci Mane et Future sont tout les deux natifs de la belle ville d'Atlanta, Géorgie, donc de la a dire qu'un gouffre les sépare ce serait exagéré, mais comment résister a une telle combinaison ? Cette track issu de leur projet commun "Freebricks" ma suffisament traumatisée pour tourner encore très régulièrement dans mes lecteurs plusieurs mois après la sortie de la tape.



----
ASAP Rocky & Schoolboy Q, voila un duo qui ne surprendra pas trop les amateurs de rap spé tendance nouvelle vague qui monte, qui monte. Si on devait encore douter du potentiel de ces deux là, ce fabuleux "Hands On The Wheel" et son refrain samplé inoubliable remet les pendules à l'heure. Oui oui, c'est branché, même les petits de ton quartier écoutent ce morceau, Rocky il passe au Social Club... On s'en tape ouvrez vos esgourdes et appréciez.



----
Ca parcontre, c'est de l'alliance contre nature. L'espoir du rap west coast recherché et la furie cocainé de l'écurie MMG ? Je suis pas le premier à le dire, mais probablement un des meilleurs morceaux de l'année. La prise de risque ça paye.



----
Encore un duo de fou ! Le gros Bronson, sa barbe rousse, et son style qui selon les médisants rapellerai bien trop Ghostface, une prod du petit génie Harry Fraud et Riff Raff, le Texan au style disons, cartoonesque, c'était pas forcément un mélange très safe à la base (méfiez vous des interactions entre les produits les enfants!). Et encore une fois ça tue sur toute la ligne. La encore un de mes morceaux récents préféré.


Action Bronson x Riff Raff "Bird on aWire" Official Video from Max Albert on Vimeo

----
Pour finir, le combo du rap présumé mongol de 2 Chainz (vous savez, le clip avec les gros culs et les gateau d'anniv') et de celui plus feutré de l'ex Young Money Curren$y pour ce qui est un des temps forts de l'excellent "Stoned Immaculate" du natif de la nouvelle Orléans. Cette ligne de basse, merde !


mercredi 3 octobre 2012

Chronique : Z-Ro - Angel Dust

L'évocation de Z-Ro, de son vrai nom Joseph McVey devant des amateurs de rap non spécialistes du Sud n'évoquera probablement rien. Quand bien même les noms de Bun B, Pimp C, Outkast ou Geto Boys ont réussi à s'inscrire dans les mémoires collectives en tant qu'acteurs majeurs du rap, Z-Ro fait figure d'éternel oublié, au point que le New York Times le considère a juste titre comme un des rappeurs les plus sous estimés des Etats Unis.
 Actif depuis le milieu des années 90, affilié a tout ce que le Texas compte de rappeurs légendaires, a commencer par le collectif Screwed Up Click, nébuleuse d'artistes gravitant autour de l'incontournable DJ Screw, le manque de présence du Texan sur les radars musicaux s'explique probablement par l'absence d'album totalement renversant a son actif. Z-Ro n'est pas un game changer, il n'a pas révolutionné la musique sudiste. Mais c'est peut être pour ça qu'il est un de ceux qui l'incarnent le mieux.



 Angel Dust est le dernier en date d'une série de projets empruntant chacun le nom d'une drogue, qui a un moment ou un autre a probablement transitée entre les mains de McVey. Celui çi est en effet tristement coutumier des allers-retours en prison. Loin de s'en taper comme le ferait un Gucci Mane, Z-Ro aborde dans les textes de cet album un certains nombre de thèmes importants, entre quelques bravades va-t'en-guerre et une track à la forte teneure sexuelle ("Dicconu" qui n'est pas a mon avis un des points fort de l'album), tels que la paternité, la prison, les séparations amoureuses et en général la difficulté d'aborder un quotidien pas toujours ensoleillé.

C'est clairement dans cet exercice que l'artiste excelle : sur Truth Is, Today, Young Nigga et d'autres morceaux il dispense sans moralisme ni misérabilisme son expérience et sa philosophie qui rendent ses textes particulièrement intéressants sans pour autant être très complexes dans la forme ou le propos. Divertissants par leur teneur gangsta, mais capables de faire réflechir, on retrouve ici un peu de ce qui faisait aussi la force de 2pac : un esprit conscient (à ne pas prendre dans le sens galvaudé "rap conscient", ce n'est pas de cela dont ils'agit) pris dans un mode de vie dangereux et difficile (on retrouve d'ailleurs cette référence sur le morceau "When I Get Free".



L'autre particularité de Z-ro, qui en fait un rappeur unique, c'est sa voix incroyable. La comparaison inévitable, c'est évidemment Nate Dogg, mais Z-Ro n'a rien d'un clone. Non seulement sa voix à une identité propre, mais elle s'aventure aussi bien dans des refrains chantés extrèmements groovy que sur les couplets ou elle ajoute encore de la puissance au rap rapide et bondissant qui est le sien. Ajoutons à cela des productions à la forte saveur locale et le résultat est exactement ce qu'on peut attendre d'un album sudiste : une forte musicalité, beaucoup d'énergie, et ce coté blues directement tiré de l'héritage local.



Bon, bien sur, tout n'est pas parfait sur ce "Angel Dust", les morceaux se ressemblent souvent beaucoup, certains sont dispensables, on est pas vraiment dans l'expérimentation musicale c'est sur. Mais si il ne s'agit toujours pas d'un chef d'oeuvre absolu, c'est sans conteste un album à écouter sans y réfléchir une seule seconde pour les amateurs de vrai rap, efficace et intelligent. Un retour aux bases de ce qui fait la force du rap Houstonien, un produit sans concession avec écrit "REAL SOUTH" en gros et en relief dessus. Petit plus enfin, les featurings d'autres poids lourds locaux comme K-Rino ou Lil Flip sont dans la même veine : "Grown man rap music".

vendredi 21 septembre 2012

Chronique : 100s - Ice Cold Perm

Mais qui est 100s ? Si vous êtes familier de la scène rap de la Bay Area, cet eldorado du rap West Coast, vous avez sans doute vu apparaitre ces dernier temps une énigmatique pochette affichant une troublante ressemblance avec le classique "Tha Doggfather" de Snoop Dogg. Le jeune homme sur la photo, affichant une impeccable chevelure lisse et un regard froid comme la glace est, il faut bien l'avouer, un total inconnu. Les informations a son sujet sont rares, on peut lire qu'il a 19 ans, vient de Berkeley et est entièrement produit (à l'exception de l'outro) par Joe Wax, un producteur local ayant officié pour Main Attraktionz ou encore Lil Rue, et c'est a peu pret tout. Et pourtant ce premier projet, sorti tout droit d'on ne sait où et disponible gratuitement est indubitablement une des sorties majeures de cette rentrée 2012.



La première fois que j'ai entendu la voix de 100s, je rentrais d'une soirée bien arrosée et m'adonnais rituellement à une scéance d'exploration musicale, histoire de tuer le temps et de laisser la fatigue s'installer. Après avoir écouté quelque sons par ci par la, je suis tombé sur le clip de "Slow Drip". J'ai tout de suite été happé par cette ambiance enfumée, cet instrumental hypnotique et vaguement menaçant, et par la prestation glaciale du jeune rappeur. Dans la semaine qui a suivi, j'ai du écouter l'album plus d'une quinzaine de fois, dans le métro, sur ma chaine Hi Fi, en soirée, en me faisant a bouffer...

Premiere raison à cet engouement, les productions d'orfèvre qui donnent sa couleur au projet. Influencé par tout ce qu'on peut entendre dans les clubs et aux coins de rue d'Oakland et de San Fransico, que ce soit les ryhtmiques hyphy, les synthés entêtants ou les basses rampantes indispensables pour faire vibrer correctement le coffre d'un lowrider, Joe Wax livre ici des beats hybrides, froids dans les mélodies, chauds dans les basses fréquences, saturés d'hi hats, de rimshots, de son de cloches, de gros claps et pourtant étrangement minimalistes. Le résultat est une succession de morceaux variés, surprenants (on a même droit a une très réussie incartade ragga), avec pourtant au final une grande cohérence tout au long du projet. Un grand travail de producteur avec une identité forte donc.

Sur ces sons à la fois référencés et terriblements comptemporains vient se greffer le timbre de voix acéré et confiant du californien, plein d'une agressivité retenue, qui débite aux fils des refrains et des couplets une habileté pour le rap sidérante pour quelqu'un de son age dont personne n'avait jamais entendu parlé. 100s habite les morceaux d'un flow sans artifices, aux placements impeccables et s'adaptant aux instrus dans une totale complémentarité avec le travail du producteur et surtout un grand charisme.

Ce charisme si prononcé s'explique rapidement après quelques écoutes : 100s est un player inconditionnel, un pimp du 21ème siècle dans toute sa splendeur. Ici, pas de réference au trafic de drogues, aux meurtres, ou aux thématiques sociales, le thème récurrent de l'album est l'emprise surnaturelle qu'exercerait le rappeur sur l'esprit féminin, et on n'en doute pas une seconde. Loin d'être un playboy charmeur, celui ci se dévoile comme une froide machine à mettre des filles dans son lit et à leur faire toutes sortes de choses inavouables. Pas de sentiments, ici on parle de sexe et de pouvoir avec un cynisme assumé. Aussi immoral et éloigné de la personnalité de la plus part des gens, y comprit de la mienne, que ce soit, cette musique fait figure d'un puissant stimulant neurologique. Cette "playa music" issue d'une longue tradition de la côte ouest (Snoop Dogg, Too $hort encore...), trop souvent effacée par le gangsta rap ou les sons de strip clubs (et oui, c'est pas tout à fait pareil) dans la musique d'aujourd'hui retrouve ici ses lettres de noblesses et parfois, c'est exactement ce dont on a besoin.

A tout point de vue, cet "Ice Cold Perm" est un album fort, addictif qui réunis toutes les qualités qu'on peut attendre du rap cru d'aujourd'hui : une créativité musicale et une habilité au micro stupéfiantes au service d'une musique excitante et sans consession. Agrémenté de featurings de bon ton tels que Main Attraktionz ou Shady Blaze, mené de bout en bout d'une main de maitre, je prédit a tout ceux qui l'écouteront une durée de vie plus que conséquente dans leur bibliothèque musicale. Allez je vais me le réécouter !

mercredi 4 juillet 2012

Chronique : Doughbeezy - Blue Magic

Avec le retour tardif de l'été, il est tout naturel de chercher à écouter des trucs disons, un peu plus chill que de la trap, histoire d'accompagner ses virées en voiture, ses barbecues et ses 5 à 7 moites et crapuleux. Mais est ce que ça veut dire qu'on ne doit plus écouter que du G Funk et tourner le dos au Sud ?
La mixtape de Doughbeezy vient a point nommer pour nous rappeler qu'en plus d'être désormais la capitale mondiale du rap qui fait peur, les Etats du Sud sont aussi les specialistes de la rib sauce Jack Daniel's, du "ridin dirty" et de la détente sous un porche et qu'on peut venir de la et parler d'autre chose que de meurtre dans ses chansons. Tout droit sorti de la ville d'Houston, Texas, le jeune homme n'est pas un tueur ou un parrain de la drogue, c'est d'abord un hustler consciencieux qui pense à s'acheter une maison avant de s'acheter une voiture, et un rappeur incisif qui s'est fait remarqué pour son flow rapide,  son écriture dense et ses rhymes travaillées.



Celui qu'on surnomme "The South East Beast", et dont la réputation à Houston n'est plus a faire (il suffit de voir la liste des invités, entre Slim thug, Bun B ou Killa Kyleon le Texas est la en force) développe sur 16 tracks un univers cohérent et maitrisé, oscillants entre lourdeur minimaliste, mélodies soulfuls, et influences Country et nous offre un panorama varié mais homogène du rap Texan aujourd'hui. Les productions simples, efficaces et typiques, assurées par Basement Beat, Cardo et une tripotée d'autre dont je ne saurais vous dire grand chose honnêtement, installent une ambiance énergique sans être violente (mise à part peut être l'efficace mise en garde "Fuck You") qui sied parfaitement au gros point fort de Doughbeezy : son aisance au micro.



En effet, aussi bien dans les refrains que les couplets, c'est toujours efficace, le flow colle diablement bien aux instrus et rebondit dans tout les sens pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Pas étonnant qu'il se soit fait une réputation en freestylant : ça "kicke sec" et ça rime bien, de plus la monotonie ne s'installe jamais grace à des changement de flow permanents, rapellant tant tôt le ternaire de Memphis, un Ludacris, Yelawolf ou même Kendrick Lamar. Rien ne serait d'ailleurs couché sur papier, tout dans la tête !
Au niveau du texte, on est ravi de voir que Doughbeezy n'est pas la pour s'inventer des vies mais bien pour explorer les thèmes classiques du rap avec serieux et décontraction. Qu'il raconte son envie impérieuse de se faire pomper (et rien d'autre), la fascination qu'exerce son véhicule sur la gente féminine ou bien la nécessité faire son propre truc, travailler dur et rester droit et honnête, il délivre sa sagesse du ghetto et expose ses ambitions sans mégalomanie ni cynisme excessif à travers des textes denses aux figures de style variées.



Au final, cette mixtape tout terrain, extrêmement solide et bien ficelée, contient le mélange d'ambiances idéal pour vous suivre partout dans votre baladeur, votre autoradio ou votre chaine Hi Fi. C'est simple, ça glisse tout seul sans prendre la tête ni endormir. Personnellement, ça va tourner sec cet été et je garde un oeuil sur ses futur projets avec impatience.

>>>>>>>!